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Intervenant
Violence à l’adolescence – et violence humaine en général
23/05/17

Ph. Gutton
Pourquoi nous mentons-nous ?
27/06/17
Pierre  Koest





 A 19h30, à la Fruitière Numérique de Lourmarin
D943 : Croisement av du 8 Mai, av Raoul Dautry : plan d'accès
GPS : Latitude : 43.766128 | Longitude : 5.364005

Pour tout renseignement : 06 84 08 12 69

23/05/2017 : Violence à l’adolescence – et violence humaine en général

Philippe Gutton

"Faire violence à : contraindre quelqu'un par la force" dit le Larousse. La violence est une force de contrainte de l'autre (ou groupe d'autres) visant à lui retirer son statut de sujet. Je parlerai de la violence sous cet angle en prenant pour exemple la violence à l'adolescence. La violence y sera considérée comme une force s'opposant au formidable travail de construction de soi qu'est le processus d'adolescence : subjectivation et violence seraient d'indéniables ennemis...et pourtant l'étymologie du mot y inscrit en premier la syllabe "vie". Peut-on se trouver soi-même,se subjectiver sans une certaine violence ?
Bref, comment peuvent se conjuguer les deux forces antagonistes de la violence au sein de l'exemple de la crise adolescente.
Je traiterai ce thème à partir d'exemples cliniques de cette période et d'autres de la vie.


Philippe Gutton est psychiatre, psychanalyste, docteur en Médecine, docteur en Psychologie, docteur en Lettres et Sciences Humaines.
Professeur des Universités, il a enseigné à l’Université Denis-Diderot Paris VII dont il dirigea longtemps l’UFR de Sciences humaines cliniques puis d’Aix-en-Provence.
Fondateur en 1983 et Directeur de la Revue Adolescence.
Fondateur en 2003 et Directeur du Centre de Pratiques Familiales d’Aix-en-Provence.

Bibliographie :
Violence et Adolescence. In Press 2002

14/04/2017 : Qu'est-ce que l'art contemporain ?



Francis PARENT
 
Lien vers le diaporama et la video
https://drive.google.com/file/d/0B7G7GnSPn3J4VnAxSHdkelFra1U/view?usp=sharing

1) " Qu'est-ce que l'Art Contemporain ? "
Cette dénomination est une falsification de la langue car elle ne désigne pas  - comme son nom le laisserait supposer - la création de TOUS les artistes vivants d'aujourd'hui, mais seulement celle d'une toute petite partie d'entre eux, ceux adoubés par l'intelligentzia ( Art Press, les multiples livres, catalogues et articles à sa gloire ), l'Officialité ( surtout en France avec les DRAC, FRAC, Musées et lieux publics prestigieux " réquisitionnés" comme par exemple à Versailles ) et par le grand capital ( les artistes"importants" - comme par hasard essentiellement Américains - valent plusieurs dizaines de millions de dollars ! ). La grande majorité des artistes - qui sont tout aussi "contemporains" - son ainsi marginalisés voire éradiqués.

2 ) " Quel Art pour le 21ème siècle ? "
Compte tenu de l'explosion des diverses formes plastiques et conceptuelles de ces dernières décennies , il est bien difficile de présumer de l'avenir.
On peut toutefois avancer que :
Sauf à ce que la bulle spéculative éclate et que les formes dominantes actuelles du " n'importe quoi " s'effondrent elles aussi ( et l'on reviendrait alors à quoi ? ), il est probable que ce " n'importe quoi " s'étende encore plus avec un effacement de plus en plus fort du sensible au profit d'un conceptuel encore plus prégnant. Avec aussi des ramifications numériques de plus en plus fortes et probablement des mélanges de genres ( on assiste déjà de plus en plus à des rapprochements Art plastique / Architecture / Danse / Son... ).

3 ) " Quel est le rôle de l'artiste aujourd'hui ? "
Avec les années 68 beaucoup d'artistes ont pensé pouvoir agir, à travers leur art, dans les rouages mêmes de la société. Ce fut un échec total, le capitalisme absorbant toute velléité de renversement de son système.
Tel ou tel artiste "engagé" de l'époque, s'il n'a pas été évincé, "vaut" aujourd'hui de l'argent et concourt donc au bon fonctionnement de cette société de consommation hier contestée. Le seul rôle qui lui reste donc aujourd'hui n'est plus dans le grippage possible des rouages de la société capitaliste, mais - en particulier grâce à ces provocations actuelles - à faire " évoluer" l'ouverture d'esprit des "regardeurs" . Toutefois ceux-ci, comme les appelait Duchamp, n'étant qu'une petite élite et la grande majorité de la population se désintéressant totalement de cet art d'Avant Garde, le rôle de l'artiste parait donc bien circonscrit et bien nombriliste...

4) "Quelles sont les limites entre l'Art et la marchandisation ?"
S'il y a toujours eu un rapport "normal" entre art et marchandise, cela se faisait via un processus historique, intellectuel, formaliste... incontesté par tous les protagonistes de l'Esthétique, du marchand à l'historien en passant par les critiques. Aujourd'hui, avec le triomphe du capitalisme depuis le milieu du 20ème siècle puis son hégémonie internationaliste à la fin 20ème début 21ème ( chute de l'URSS, ouverture de la Chine... ), ces critères ont totalement changés.
Il suffit dorénavant qu'une coalition de grandes fortunes et de grands lieux d'expositions décide "d'investir" dans tel artiste pour ce que fait cet "artiste" ( y compris le n'importe quoi actuel puisque, depuis Duchamp donc, n'importe quoi peut être de l'art ) SOIT une œuvre d'art, et surtout de l'art très important. Et pourquoi très important ? Parce que son prix est très important... Un syllogisme qui évite de passer par les étapes de reconnaissance habituelles qui, dans le système actuel de profit immédiat, serait trop long. Et comme le grand capital s'est rendu compte que l'investissement dans l'AC ( ainsi que le dénomme ses contempteurs - sous-entendu; " Assez", "lassés" ! - ) était bien plus rentable que tout autre placement ( en moyenne 600 % en quelques années alors que n'importe quelle autre valeur - bourse, immobilier... -  ne prend que quelques pourcents par an ! ) il continue à maintenir à bout de bras cet Eldorado. Et cela sans contradiction possible tant sur le processus lui-même ( tout un système est derrière ça et il est bien sûr pas question de le renverser... ) que sur la qualité esthétique de la chose sauf à être considéré alors comme inculte, réactionnaire voir même "nazi"...

5) "Est-ce le pouvoir de l'argent qui décrète de la beauté ?"
Même si ce questionnement n'est pas faux ( cf. le paragraphe précédent ) il pêche dans son fondement car reposant sur la conception Kantienne du " est beau ce qui plaît universellement sans concept ". Hors on sait bien dorénavant que rien ne "plaît universellement"; par exemple la " Fountain" de Duchamp, si elle plaît aux bobos du 6ème arrondissement de Paris, a peu de chance de plaire - surtout en tant qu’œuvre d' art -  à des peuplades reculées du 1/4 monde qui ne connaissent probablement même pas l'usage premier de cet ustensile sanitaire...
De même pour le "sans concept"; consciemment ou inconsciemment c'est bien la somme des concepts façonnés par l'Histoire et la Philosophie, depuis Platon jusqu'à Marcuse ( et plein d'autres ! ) qui, aujourd'hui, façonne notre capacité à juger ce qui est censé être "beau" ou pas, compte tenu de la réserve précédente.



                                                                                                CV :
Francis PARENT est Critique  d'Art, membre de la AICA ( Association Internationale des Critiques d'Art )
Parisien dorénavant installé en Luberon
a) A d'abord été Directeur Artistique d'une galerie d'Art à Vence ( 06 )
puis successivement ou concomitamment :
b) Enseignant ( secondaire, supérieur ), conférencier en France ( Centre Pompidou et de multiples lieux d'arts ) et à l'étranger ( USA, Espagne, Grèce, Italie, Maroc, Belgique)
c) Commissaire de très nombreuses expositions collectives thématiques et personnelles dans divers Musées et lieux artistiques, en France et à l'étranger.
d) Président, ou membre de nombreux jurys en France et à l'étranger ( Président du prix de la première Biennale de Dakar, etc. )
e) Auteur de nombreuses publications ; livres chez plusieurs éditeurs, articles, études et préfaces dans diverses revues et catalogues.
f) Evènementiels divers : interviews donnés en presse écrite, radio et TV. Coordinateur artistique des 1er et 2ème Croisières d'AC en Méditerranée et aux Caraïbes. Co-commissaire du "50 Masters" pour les JO de Barcelone. Concepteur du site internet  " Artrinet ".



Livre réédité en 2016 :
« Le salon de la Jeune Peinture, une histoire 1950-1983 »,
Francis PARENT – Raymond PERROT,
Editions PATOU

21/02/2017 : Avec l’immatériel dans notre quotidien allons-nous changer notre manière d’être ?

La part grandissante d’immatériel dans notre vie de tous les jours modifie nos relations aux objets, nos relations aux autres, et peut-être même notre manière d’être.

Dans ces objets du quotidien la part d’immatériel est parfois plus conséquente que la part matérielle. Quelle est la part la plus importante dans un smart phone : le matériel ou l’immatériel ? Le GPS s’est-il définitivement substitué à la carte Michelin

L’immatériel : de quoi parlons-nous ?

Le champ de recherche de l’immatériel est multidisciplinaire. L’immatériel, du latin immateriālis, se réfère au non-matériel, à l’intangible, à ce qui n’a pas de consistance matérielle voir même à ce qui est dématérialisé.

Sur un plan économique l’immatériel a été défini comme “Investissement intangible dynamique qui incorpore de manière durable une part de connaissances dominante dans le but de contribuer de manière spécifique ou processuelle à la compétitivité et à valeur de l’entreprise.” Dictionnaire des Sciences Economiques - Presses Universitaires de France - Avril 2001

D’un point de vue juridique, l’immatériel est aussi ancien que le droit parce qu’il participe comme lui de l’économie.

Enfin l’immatériel s’inscrit aussi dans notre patrimoine culturel. En effet l’Unesco a défini le patrimoine culturel immatériel comme « Les processus acquis par les peuples ainsi que les savoirs, les compétences et la créativité dont ils sont les héritiers et qu’ils développent, les produits qu’ils créent et les ressources, espaces et autres dimensions du cadre social et naturel nécessaires à leur durabilité ; ces processus inspirent aux communautés vivantes un sentiment de continuité par rapport aux générations qui les ont précédées et revêtent une importance cruciale pour l’identité culturelle ainsi que la sauvegarde de la diversité culturelle et de la créativité de l’humanité ». Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel - UNESCO - Paris – Octobre 2003.

Ainsi le repas gastronomique à la française, avec ses rituels et sa présentation s’inscrit dans ce patrimoine culturel immatériel au même titre que la Fauconnerie ou encore la fête des vignerons de Vevey en Suisse.

D’un point de vue philosophique le questionnement porte sur l’immatière. Gaston Bachelard souligne ainsi à bien des égards que « rien n’est donné, tout est construit ».

Ainsi et après avoir tenté de définir l’immatériel dans une lecture pluridisciplinaire il convient de s’interroger sur cette évolution immatérielle, sur ces formes de construits intangibles.


La part grandissante d’immatériel dans notre quotidien

Des scientifiques dans bon nombre de disciplines, des philosophes, des sociologues, des économistes se sont interrogés sur la part grandissante d’immatériel dans notre quotidien. Objets encore plus intelligents, nouveaux amis dématérialisés dans les réseaux sociaux… Ainsi 1,55 milliard de personnes utilisateurs actifs sont connectées tous les mois sur Face book. Il s’agit du deuxième site web le plus visité au monde après Google sachant que Mark Zuckerberg a créée Face book en 2004.

Depuis les années 80, bon nombre d’acteurs économiques se sont engagés sur un plan international dans des politiques d’investissements immatériels qui ne sont pas restées sans conséquences : la recherche et le développement, de nouveaux brevets, de nouvelles licences, des recherches sur de nouvelles applications pour des smart phones, pour des tablettes numériques, des logiciels encore plus intuitifs, mais aussi des investissements en design, en marketing, en formation….

L’évolution de l’économie de la connaissance, l’accès quasi immédiat aux connaissances nouvelles ont ainsi ouverts de nouvelles perspectives : une part grandissante d’immatériel avec des conséquences significatives sur la valorisation des entreprises, des marques.

L’exemple d’Apple dont la capitalisation boursière atteint des sommets. Il s’agit de la première entreprise au monde à dépasser la barre symbolique des 700 milliards de dollars. Il faut douze General Motors pour en arriver à la même valorisation boursière.

L’individu capable d’accéder à des connaissances nouvelles, au cœur des organisations économiques, semble ainsi avoir largement contribué à la part grandissante de l’immatériel dans nos objets du quotidien. Ce capital humain qui crée, qui imagine, qui construit cet immatériel pourrait être alors qualifié de bâtisseur d’immatériel, de créateur d’éphémère, de sculpteur d’imaginaire. Guidés par leurs émotions, par leurs nouvelles formes d’épanouissement, par des connaissances nouvelles partagées, ils s’inscrivent dans une dynamique immatérielle.

Sommes-nous en quête d’immatériel dans notre quotidien ?

Dans le fond sommes-nous en quête d’immatériel dans notre quotidien ? Accepterions-nous encore de ne pas échanger sur Skype, de ne pas envoyer un SMS ? Que ferions-nous sans accéder en quelques secondes à des connaissances nouvelles accessibles sur Google.

Constitués pour une part grandissante et évolutive d’immatériel nos smart phones, GPS et tablettes numériques représentent pour certains de véritables doudous.

Allons-nous pour autant changer notre manière d’être avec des objets qui seraient plus intelligents ?

Qu’en est-il de la relation du sujet à l’objet plus immatériel ?

Cette part grandissante d’immatériel dans notre quotidien ne risque-t-elle pas de créer une nouvelle forme d’exclusion sociale ? Serons-nous tous égaux face à des appareils intelligents composés d’immatériel ?

Quels sont les complices de notre vie de tous les jours ? La relation à notre téléphone, à notre ordinateur n’est-elle pas un peu affectuelle lorsque la relation aux autres est affective ? Même la voiture semble intégrer une part grandissante de connaissances nouvelles. Dans le fond qui prendra le volant demain ?

Allons-nous changer notre manière d’être avec cette part grandissante d’immatériel dans notre quotidien ?

Dr. Patrick OCHS

Patrick Ochs est, avec son épouse Chantal, producteur d’huile d’olive à Beaumont de Pertuis, depuis 2002. Patrick a soutenu sa thèse de doctorat en sciences de gestion sur l’investissement immatériel en 1995 à l’université Panthéon-Sorbonne - Paris 2. Habilité à diriger des recherches, auteur de plusieurs ouvrages et articles scientifiques, professeur-associé à l’université Louis Pasteur à Strasbourg, professeur visiteur et chercheur associé à HEC Montréal il a été missionné comme expert sur l’investissement immatériel au Commissariat général au Plan. En parallèle de sa carrière d’enseignant chercheur Patrick animait avec Chantal un institut d’études prospectives à caractère qualitatif qui intervenait pour le compte de grands groupes internationaux.